Dans les extraits qui suivent, le vocabulaire a été adapté, et les termes de patins; patineurs..Etc ont été remplacés par skis, skieurs..etc afin d'éviter les confusions.

"On apprenait à sauter en hauteur et en longueur. Ce tour de force ne sert guère dans la pratique. Jamais en voyage un skieur ne s'amuse à franchir d'un bond de grandes distances du haut de quelque escarpement : toujours il évite les accidents du terrain qui l'obligeraient à sauter."
(Nombre de freeriders et skieurs extrêmes démentissent aujourd'hui ces propos dans les faits!! et même déjà au début du XXe siècle ; cf.photo plus bas). "C'est simplement une gymnastique excellente à mon avis. On apprend ainsi à garder son équilibre, à diriger ses skis avec sûreté et l'on acquiert une grande assurance."

"Pour se livrer à cet exercice, on choisit un escarpement du haut duquel on puisse sauter en longueur. Si l'on réussit à s'enlever en l'air au sommet de l'obstacle, on peut parcourir une distance très grande, par exemple 20 ou 25 mètres. Il y a même des gens qui exécutent des sauts encore plus longs : un célèbre skieur du Telemark a dit-on sauté un jour 30m."

"La hauteur du saut varie de 8 à 12 mètres" (Avec la modernisation des tremplins, la hauteur ne fait plus partie des objectifs de l'exercice).

"Pendant la durée du saut, certains skieurs restent droits, tandis que d'autres rassemblent les jambes sous eux". (La première technique décrite correspond bien au style saut, tandis que la seconde s'apparente plus aux sauts effectués lors des épreuves de descente en ski alpin où le but est de garder la position de recherche de vitesse). "Au moment de toucher terre, on avance généralement la jambe droite en avant en pliant instant le genou gauche : cela permet de repartir de suite à toute vitesse". (Le saut n'est ici donc pas une fin en soi puisqu'il faut repartir ensuite).

"C'est l'impulsion que l'on a en arrivant au sommet du monticule qui permet d'exécuter de pareils bonds". (Aspect fondamental de la technique qui reste tout à fait d'actualité aujourd'hui encore, même si quelques "voleurs" arrivent à s'en sortir sur des grands tremplins avec des conditions favorables...)

"Dans un tel exercice, les chutes sont naturellement fréquentes, mais fort heureusement les accidents sont rares."

"C'est un très curieux spectacle de voir sauter un habile skieur. Vous le voyez arriver à toute vitesse au sommet du monticule, quelques secondes avant d'atteindre l'escarpement, le coureur se ramasse sur lui même, puis arrivé devant le gouffre, saute en l'air, parcourt 20 à 25 mètres comme s'il volait, et aussitôt qu'il a touché terre continue sa course vertigineuse. Dès le XVIe siècle, il y avait en Norvège des courses de skieurs (Oläus Magnus). Depuis 1862, dans les provinces méridionales, on en orgnanise chaque hiever auxquelles les plus habiles skieurs prennent part. L'un après l'autre, ils bondissent dans l'espace et c'est à qui sautera le plus loin. Les spectateurs attendent impatiemment le moment où le sauteur touche le sol.Culbute-t-il, il est accueilli par des lazzis, arrive-t-il au contraire debout sur les skis, tout le monde l'acclame."